dimanche 9 octobre 2016

L'enchanteur travail sur la ligne de Corinne de Battista au CAC Istre

C'est une grande sale toute blanche. Dans un angle, à genoux sur un coussin posé au sol, Corinne de Battista trace un à un les traits qui forment une large flaque grise. Trait après trait la flaque se propage, la multitude de courtes lignes juxtaposée la rendent comme animée. Flottante et légèrement inquiétante, elle s'écoule lentement depuis le pied du mur… Une série de dessins grands formats sur papier sont fixés aux murs, portraits de jeunes filles sans visages, sans corps pour certaines, de face, ou de dos, sur lesquels la chevelure tient la vedette. Une chevelure irréelle  constituée elle aussi de milliers de lignes tracées à la mine de plomb qui forment un volume tout en légèreté. Il y a comme une brise légère qui souffle dans la pièce et les cheveux s'échappent en volutes aériennes, se prolongent sur les murs, courent sur le sol… Les portraits sont toujours doubles bien sûr, c'est la signature de l'artiste, reliés entre-eux par les boucles  de leurs cheveux…
Voici donc quelques fragments en images de l'enchanteur travail sur la ligne que Corinne De Battista a construit patiemment à la mine de plomb et que j'ai pu voir  au centre d'art intercommunal d'Istres le 22 septembre dernier. Un travail étrange et poétique qui rend magnifiquement hommage au dessin dans son expression la plus pure, à voir absolument !

> Corinne De Battista "L'Espace du dessin - le dessin dans l'espace" 
Exposition du 3 octobre au 16 décembre 2016
CAC Centre d'Art Contemporain Intercommunal 
2 Rue Alphonse Daudet, 13800 Istres
Dans le cadre de la "Saison du Dessin" initiée par PAREIDOLIE Salon international du dessin contemporain à Marseille.





samedi 24 septembre 2016

Biennale Saint-Laurent - Le dessin dans tous ses états

C'est la 4e édition de cette manifestation organisée à Grenoble pour les Journées du patrimoine et qui porte maintenant le nom de "Biennale Saint-Laurent". Cette année encore, le dessin s'est invité dans le quartier Saint-Laurent le temps d’un week-end et un peu au-delà pour certains artistes, dans tous les lieux possibles y compris chez l'habitant.
J'ai trouvé la sélection 2016 plutôt inégale. Parmi les 35 artistes sélectionnés, certains avaient tout simplement oubliés d'être là... D'autres n'avaient apporté aucun soin dans l'accrochage et même si certains lieux sont plus difficiles que d'autres il me semble que ce n'est pas vraiment excusable. D'autres ont confondu la "Biennale" avec le marché du coin et affichaient le prix de chaque œuvre sur chaque oeuvre comme à la superette. À côté d'artistes locaux de grande qualité la sélection en présentait d'autres qui de mon point de vue n'avaient rien à faire là et j'ai été étonnée par le peu de qualité de certaines propositions.
Fort heureusement j'ai quand même largement trouvé mon bonheur avec des valeurs sûres comme (par ordre alphabétique) Marie BOITON, Jérémy BRACONE, Thierry CASCALES, Laurent LELONG, Fabrice NESTA, Pascale PARREIN et quelques autres…

> BIENNALE ST LAURENT "LE DESSIN DANS TOUS SES ÉTATS"
Samedi 17 et dimanche 18 septembre 2016 - Musée Dauphinois, rue St Laurent, Musée Archéologique et Les Casemates, Grenoble.































jeudi 22 septembre 2016

Biennale Saint-Laurent - La "Rue Saint-Lô" de Fabrice Nesta

J'ai déjà eu l'occasion de dire ici toute l'admiration que j'ai pour les dessins et la peinture de Fabrice, je vais donc pour cette fois, lui laisser la parole :
"La rue Saint-Laurent à Grenoble a une géographie bien particulière. Entre la Bastille et l’Isère, ce long cordon ombilical débute place de la Cimaise, au cœur du centre-ville, et se termine Porte Saint-Laurent, presque à l’extérieur de celui-ci. Cette particularité lui confère un statut à part : la commune libre de la rive droite… C’est là que mon atelier est installé.
La série des portraits de la « Rue Saint-Lô » a commencé presque par hasard. Ayant besoin de modèles, j’ai demandé d’abord à une, puis deux personnes de la rue si elles voulaient bien poser. L’idée de faire un portrait de ce lieu particulier s’est petit à petit imposée à moi comme une évidence. Dans chaque invitation à poser il y a la promesse d’une rencontre. C’est l’occasion d’engager la conversation, de partager un café parfois, de tisser des liens. Chacun y va de son anecdote sur l’histoire d’un immeuble, d’un commerce ou d’un habitant. L’échange est parfois furtif, nous sommes tous pressés.
L’éclairage est puissant, les reliefs du visage sont ainsi relevés. Seule consigne : éviter de sourire. La posture se met en place petit à petit, les photographies défilent. Habituellement, l’histoire s’arrête là, mais la proximité du modèle, habitant ou pratiquant la rue quotidiennement, prolonge le moment. De temps en temps, il pointe son nez à la porte de l’atelier, veillant à la bonne exécution des opérations, au bon avancement du travail, vérifiant la ressemblance. Encore une occasion de papoter… Le travail prend corps au travers de tous ces échanges.
Au-delà du plaisir de dessiner chacune de ces personnes, c’est aussi une façon de s’inscrire dans la rue Saint-Laurent, d’en être un pratiquant impliqué. Merci à toutes les personnes qui ont accepté de poser, d’être modèle d’un jour et d’incarner une part de l’histoire de notre rue…"

> Rue Saint-Lô, portrait des gens de la rue Saint Laurent, par Fabrice Nesta
Série de dessins à l'encre, fusain et pierre noire sur papier lavis Vinci 300g [120 x 80 cm].
Galerie Alter-Art 75, rue Saint-Laurent, Grenoble, du 7 septembre au 2 octobre 2016.
Musée dauphinois, Comptoir du Musée, du 17 septembre au 2 octobre 2016


dimanche 4 septembre 2016

Dans l'Atelier de Corinne DE BATTISTA

Il y a une quinzaine de jours j'ai rendu visite à Corinne de Battista dans son Atelier. J'avais beaucoup aimé ce que j'avais vu d'elle à l'Espace Vallès en 2014 puis l'année dernière à Draguignan dans le cadre de l'été contemporain. L'atelier de Corinne est situé dans la petite ville Varoise où je suis née et où je passais cet été une partie de mes vacances. Elle est en pleine préparation de deux expos importantes programmées cet automne, elle a cependant accepté fort sympathiquement de s'interrompre pour me recevoir.



vendredi 2 septembre 2016

Françoise PÉTROVICH "S’absenter" au Frac Marseille

"Dans les œuvres de Françoise Pétrovitch, il y a des personnages, très jeunes, entre l’enfance et l’adolescence, il y a des animaux, il y a des oiseaux, beaucoup d’oiseaux, de petits oiseaux fragiles, morts ou blessés parfois, et des oiseaux puissants, surdimensionnés, au regard perçant, indifférent. Les formats vont de petites peintures à de très grandes toiles, les lavis sur papier peuvent être aussi très grands. Il faut dire que l’échelle varie beaucoup, tout peut grandir magiquement ou se réduire tout à coup. " extrait du texte de Marie-Christine Gayffier, dans le dossier de presse.

> Françoise PÉTROVICH "S’absenter" 
Jusqu'au 30 octobre au FRAC  Provence-Alpes-Côte d’Azur, 20 Boulevard de Dunkerque, 13002 Marseille (Parking conseillé à proximité : Joliette)




























jeudi 25 août 2016

Felice Varini "A ciel ouvert" sur le toit de la Cité radieuse - MAMO

Cette très belle intervention in situ de Felice Varini intitulée "A ciel ouvert" est un jeu de lignes colorées rouges et jaunes qui transforment l'architecture du toit terrasse de la Cité Radieuse à Marseille, sur le principe du point de vue unique qui permet de reconstituer la forme entière. L'intervention sur les murs du gymnase n'est pas aussi impressionnante que celle de Daniel Buren au même endroit en 2014, mais quand même ça vaut le détour : visite très fortement conseillée !

> MAMO Centre d'art de la Cité Radieuse 280 Boulevard Michelet 13008 Marseille 
Entrée gratuite du mardi au dimanche de 11h à 18h du 2 juillet au 2 octobre 2016.
https://mamo.fr/expositions/a-ciel-ouvert-felice-varini/



mardi 23 août 2016

L'été contemporain dracénois : Fabrice NESTA, figures abstraites et autres Tapisseries...

Les figures abstraites et autres tapisseries prennent leurs aises aux Archives Départementales...

La chose est entendue depuis longtemps : je suis la présidente autoproclamée du Fan club de Fabrice Nesta. Par conséquent impossible de faire le parcours de "l'Été contemporain" sans un arrêt aux Archives départementales. Pourtant, ces œuvres-là, je les connais bien : j'ai pu suivre de près la création des "Figures abstraites", déclinaisons moléculaires à la cire et autres motifs répétitifs au Posca depuis les tout premiers traits de fusain et recherches tapissières… J'ai eu la chance d'assister en "direct live" à la fabrication de quelques coulures à l'encre, de suivre le trajet rapide du pinceau chargé de paraffine odorante sur un panneau de bois. Cette expo est d'autant plus importante à mes yeux de groupie et d'amie, que ces imposants portraits et leurs doubles abstraits bénéficient là d'un lieu vraiment à leur mesure. Merci à Fabrice d'Agosto Bacquart, commissaire de l'été contemporain, de permettre à une partie de ces "figures" majuscules de prendre leurs aises dans cet espace immense et dépouillé… C'est exactement la première impression que j'ai eu en voyant l'accrochage : les portraits respirent, ils se répondent en écho sur ces longs murs blancs, ils éclatent de couleurs et de contrastes. Ils s'imposent avec assurance en nous toisant de toute leur hauteur. On imagine bien que ces "figures abstraites" ont les deux pieds solidement plantés sur terre. Fabrice Nesta raconte leur histoire au fusain et à la pierre noire, il joue avec l'ombre et la lumière, il trace leur vérité et en invente une autre en assemblant ces bandes colorées auxquelles les pigments donnent un éclat particulier.
Je suis impatiente de découvrir la seconde partie de l'expo installée à l'Artothèque mais pour ça il faudra attendre jusqu'en septembre. Il me tarde aussi de voir une autre série de portraits pleins de vie, ceux des habitants du quartier St Laurent, exceptionnellement rassemblés pour la Biennale du dessin à Grenoble et qui je n'en doute pas feront couler beaucoup d'encre.
Mais ceci est une autre histoire…

> Fabrice NESTA "L'été contemporain" au Pôle Culturel Chabran
- Première partie en Août aux Archives Départementales du lundi au vendredi, de 10h à 17h - Fermé le samedi et dimanche
- Seconde partie en Septembre à l'Artothèque du mardi au samedi 14h - 18h - Fermé le dimanche et le lundi







lundi 22 août 2016

CHRISTO à la Fondation Maeght

Du 4 juin au 27 novembre, un Mastaba monumental est installé dans la Cour Giacometti : 9m de haut, 17m de long, 9m de large, plus de 500 barils de pétrole aux couleurs vives occupent quasiment tout l'espace de la cours. Une expo des dessins originaux et maquettes de tous les projets construits à base de barils vient compléter l'installation avec notamment des œuvres anciennes comme ses "Wrapped Cans". Bien sûr tout ceci est moins impressionnant que les "Floating Piers" que j'ai pu expérimenter à Iséo au mois de Juin, mais c'est à voir quand même sans hésitation.
L'été 2016 restera définitivement l'été de Christo et de ses couleurs éclatantes : jaune, orange, rouge, bleu... Je ne crois pas que nous aurons l'occasion de revoir ses œuvres en Europe dans les année à venir, j'ai donc eu beaucoup de chance de pouvoir les apprécier grandeur nature !
> Fondation Marguerite et Aimé Maeght - Saint Paul de Vence, 623, chemin des Gardettes
Ouvert tous les jours de Juillet à Septembre : 10h-19h , d'Octobre à Juin :10h-18h
http://www.fondation-maeght.com




samedi 20 août 2016

L'été contemporain dracénois : Thierry CARRIER à Draguignan, précipitez-vous !!!

L'immense Thierry CARRIER est exposé à Draguignan cet été... mais qu'est-ce que vous attendez pour vous précipiter ??? 
Bon d'accord, c'est au Musée des Arts et Traditions Populaires, impossible à localiser sur Google maps, mais après quelques détours on arrive quand même à trouver l'entrée ! La chose se passe au 3e étage : trois salles abritent une petite trentaine d'huiles sur toiles récentes que je n'avais vu qu'en photo jusqu'à présent. Les autoportraits à l'huile de Thierry Carrier sont toujours aussi saisissants de présence, étranges dans le choix des poses et des cadrages, parfois inquiétants, incongrus lorsque plusieurs versions d'un même personnage cohabitent... Les toiles, souvent de taille conséquente, composent un univers feutré et silencieux de bruns, de gris, de bleus, aux ombres noires très fortes. La composition aux tons sombres est parfois traversée d'un élément rouge, orange, jaune : le motif d'un tee-shirt, un casque audio ou encore une mystérieuse cocotte en fonte (curiosité récurrente dans la peinture de Thierry Carrier). Plus récemment, l'artiste s'est essayé aux couleurs vives et aux motifs sur ses fonds avec des choix décalés : tapisseries vintages, carreaux de ciment... mais j'avoue une petite préférence pour ses fonds unis, lointains et vides qui renforcent la solitude des personnages. J'aime aussi particulièrement pouvoir suivre le pinceau de Thierry Carrier lorsqu'avec une remarquable économie de traits il installe la lumière sur un visage ou dans les plis d'un vêtement. Sa peinture est profonde et sans chichi, c'est ça qui me plait !

> Thierry Carrier, jusqu'au 26 septembre dans le cadre de "L'été contemporain dracénois",
du mardi au samedi, de 9h à 12 h - 14h à 18h
Musée des Arts et Traditions Populaires - Place Georges Brassens - Draguignan
www.thierrycarrier.fr
www.letecontemporain.com




























L'ÉTÉ CONTEMPORAIN DRACÉNOIS, quelques autres petites choses…

Cette 25e édition du parcours d'art contemporain à travers la ville de Draguignan est riche de belles choses. Je n'ai pas pu tout voir mais voici encore quelques extraits avec mention spéciale aux images anciennes cousues de fil rouge de Carole Fromenty et aux photos "aquatiques" d'Amaral & Barthes qui m'ont rappelé "The dreamers", les portraits sous-marins de Bill Viola.
> http://www.letecontemporain.com

Carole Fromenty, Musée d'Arts et d'Histoire

Carole Fromenty, Musée d'Arts et d'Histoire